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Si Dieu vient à votre secours, nul ne pourra vous vaincre , et s'Il vous abandonne, qui donc, en dehors de Lui, pourra vous secourir? Que les croyants mettent donc leur confiance en leur Seigneur! (Al-i'Imran 160)

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Littérature

 

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3- le sens de la pièce

 

 

       Voici un jugement sévère et partisan : « Je vais sans doute irriter quelques snobs, mais je le dis comme je le pense : l’ouvrage que M. Jean Anouilh vient de nous donner à l’Atelier m’a paru tout à fait insupportable : (…) Je l’accuse d’altérer le sens du drame qu’il soulève, de fausser le jeu des passions de la chose thébaine, de rabaisser ouvertement tout ce qui est grand par nature. Ici un couplet chasse l’autre. Après celui par exemple où l’on exalte les instincts de révolte de la populace, il y a celui qui met en lumière la charge de chef d’Etat. Bien entendu, l’on aura soin de faire valoir que la pratique de ladite charge conduit nécessairement aux besognes les plus basses, etc. Me faut-il souligner enfin que l’ouvrage de M. Jean Anouilh n’a aucun accent personnel ? On n’en finirait pas de dénoncer les influences qui s’y font jour. On tombe de Bataille en Cocteau, de Giraudoux en Pirandello.(…)Il ne reste (…) que la sentimentalité qu’il cultive dans tous ses drames. (…) La prestance, le talent et la très mâle autorité de Jean Davy étaient dignes d’une meilleure cause. »

                                                    ( Roland Purnal , 1944)

 

 

Quelques jugements critiques sur la pièce

 

 

        Voici ce que certains ont dit à propos de la pièce que vous avez au programme :

 


        
« Il ne s'agit pas ici d'une traduction, pas même d'une de ces vagues adaptations qui sont à la mode, mais d'une autre pièce. On n'a jamais si bien trahi Sophocle, délibérément du reste. Quelle distance de cette Antigone, à celle que présentent, à de trop rares intervalles, les étudiants appartenant au groupe du théâtre antique de la Sorbonne. Giraudoux et Cocteau ont rajeuni, renouvelé des thèmes éternels. Anouilh tout en suivant de très près le théâtre antique, l'a complètement transformé, il lui a insufflé un autre esprit. »

    (Jean Sauvenay, l'Antigone de Jean Anouilh, Hier et demain, 1944)


     « Antigone, petite déesse de l'anarchie, en se dressant contre la loi de Créon, ne sera plus seulement le droit naturel en révolte contre le droit social, mais aussi la révolte de la pureté contre les mensonges des hommes , de l'âme contre la vie, une révolte insensée et magnifique, mais terriblement dangereuse pour l'espèce, puisque dans la vie des sociétés elle aboutit au désordre et au chaos , et dans la vie des êtres , elle aboutit au suicide. »

(Alain Laubreaux, Je suis partout (hebdomadaire d'extrême droite), 18 février 1944)


    « Entre Créon et Antigone s'établit un accord parfait, une trouble connivence. [Parce qu'elle méprise les hommes], Antigone court au suicide. Parce qu'il les méprise, Créon les opprime et les mate. Le tyran glacé et la jeune fille exaltée étaient faits pour s'entendre... L'accent désespéré de l'Antigone de Jean Anouilh risque de séduire certains dans ce temps où il s'élève, au temps du mépris et du désespoir. Mais il y a dans le désespoir et dans le refus, et dans l'anarchisme sentimental, et total d'un Anouilh et de ses frères d'armes et d'esprit, le germe de périls infiniment graves... A force de se complaire dans le "désespoir" et le sentiment de tout, de l'inanité et de l'absurdité du monde, on en vient à accepter, souhaiter, acclamer la première poigne venue. »

(Claude Roy, Les lettres françaises (Publication clandestine de la Résistance ) mars 1944)

 

 

 

            Et vous. Que pensez-vous de la tragédie de Jean Anouilh ?

 

 

 

quelques jugements critiques sur la pièce de Jean Anouilh

 

 

 

             « L’erreur de Créon, née de l’orgueil, est de mettre des lois de la cité au-dessus des lois divines ; l’erreur d’Antigone est de nier la vie, la vie dans son développement naturel ; dans cette perspective, son royaume d’enfance ne pouvait être que le lieu d’une régression. »

                                (Robert de Luppé, Jean Anouilh, 1959)

            « Vivre et rester pur sont-ils conciliables ? M.Anouilh se le demande depuis qu’il écrit. Il n’est pas le seul (…) Ce qui serait irréparable, c’est que la victoire des pragmatistes fit périr toutes les Antigones, toutes les âmes orgueilleuses et indépendantes. Elles ne savent pas  vivre. Et ce sont elles qui méritent de vivre. »

                               (Robert Kemp, Le Monde, 16 septembre 1946)   

            « Cette nouvelle ‘’héroïne’’ ne rejette pas seulement une forme de société ou un certain type d’hommes, elle dit non à tout, au monde et aux êtres, au bonheur, à la vie, à ‘’tout ce qui n’est pas aussi pur qu’elle’’ dit Anouilh…L’Antigone de Sophocle, qui se sacrifiait pour la justice et pour l’amour, est devenue une petite mystique sans intelligence qui finalement ‘’ne sait plus pourquoi elle meurt’’. 

            (…) Et Créon, qui parait à première vue s’opposer à Antigone comme la raison à la chimère, ne croit à rien lui non plus… Ce tyran qu’on nous présente comme sincère, perspicace, capable de sacrifier, a l’esprit stérile comme un fruit sec ; sa seule idée est que la vérité nuit à la tranquillité publique. Egisthe, dans les Mouches de Sartre, avait de l’ambition, des buts, des projets ; Créon, lui, ne voit jamais plus loin que le jour suivant, c’est un fonctionnaire automate qui travaille dans le vide et échafaude les combinaisons les plus compliquées sans autre dessein que de tenir son peuple dans l’ignorance et l’hébétude : un dictateur qui n’a même pas trouvé de mots d’ordre !» 

                              (Pol Gaillard, La Pensée, N° 1, oct.-nov.-déc. 1944)

            « Sans la moindre contestation possible, le dernier mot demeure à Créon. ‘’Supporte et abstiens-toi ; c’est encore ta plus grande chance de n’être pas trop malheureux’’. On a reconnu, bien-sûr, la devise du stoïcisme. »

                            (Clément Borgal, Anouilh, la peine de vivre, 1966) 

            « L’absurde remplit le monde. Antigone va jouer son rôle jusqu’au bout sans motif et sans motivation, sa révolte la transcende lorsqu’elle annonce qu’elle va mourir :’’Pour personne, pour moi.’’ Ce triomphe sublime de l’orgueil qui trouve sa victoire au fond même de la défaite rappelle celui de Dom Juan de Molière, d’Athalie chez Racine, et ceux des personnages légendaires, Sisyphe et Prométhée, si admirablement analysés par Camus et, dans la vie réelle, se rapproche de la remarque de Montherlant : ’’Je n’ai que l’idée que j’ai de moi-même pour me soutenir sur les mers du néant’’. »

                           (Paul Ginestier, Anouilh 1969)

            « Le duel (entre Créon et Antigone) n’est plus, en définitive, entre deux idéalistes dont chacun porte une vérité, mais entre deux nihilistes dont ni l’un ni l’autre n’a mieux à offrir que son désespoir, tourné en molle résignation chez Créon, en vaine révolte chez Antigone. Dans la torsion imposée par Anouilh à la grande idée du drame antique, on découvre mieux que partout ailleurs le passage d’un tragique de l’absolu à un tragique de l’absurde. »

                           (Pierre-Henri Simon, Théâtre et destin, 1959)

 

 

l'origine de la tragédie

 

 

 

         Selon Aristote, la tragédie est née des cérémonies en l’honneur de Dionysos (= le dieu du vin et de l’ivresse chez les Grecs), célébrées par des chœurs d’hommes dansant autour de l’autel (=lieu de sacrifice).

             Un chef de chœur (=le coryphée) entonnait un air qu’il improvisait ; peu à peu, l’improvisation serait devenue texte écrit par un poète, et dit par le chœur (=un groupe de douze vieillards); on voit alors apparaître un dialogue entre le chef de chœur et le chœur, source probable de la tragédie.

            On peut penser cependant que la tragédie est plutôt liée aux honneurs funèbres rendus aux héros défunts, par les lamentations d’un chœur. De là serait née une tragédie littéraire, avec un acteur (=l’acteur de théâtre s’appelait upokitrès – qui a donné hypocrite, c'est-à-dire celui qui n’est pas ce qu’il paraît être) qui répond au chœur en parlant : une longue évolution aurait abouti à la multiplication des acteurs, à la diminution du rôle du chœur, et à l’importance croissante accordée à l’action.

            Il est difficile d’expliquer le nom de la tragédie. Peut-être faut-il admettre qu’il provient de cérémonie expiatoires (= cérémonies destinées à racheter les fautes) très primitives où le bouc (en grec, tragos) était sacrifié en vue de purifier la communauté. La notion de purification n’a jamais disparu de la tragédie, qu’Aristote considérait, bien plus tard, comme une purgation (=catharsis) des passions humaines.

            On distinguait la tragédie se de la comédie. De nos jours, on parle toujours de comédies ; en revanche, on n’écrit plus de tragédies, mais des pièces de théâtre (qu’on peut appeler drames, comédies dramatiques, drames psychologiques, etc.) où se mêlent souvent des éléments tragiques et des éléments comiques (le tragique et le comique).

 

 

Le mécanisme tragique

 

 

 

          « C’est propre, la tragédie. C’est reposant, c’est sûr… » (P.54). Propre ? Sans doute à la façon des «retombées» des explosions atomiques ! Reposant et sûr ? Oui, comme la mort inéluctable. Dans son langage où abondent les adjectifs à double sens (« C’est cela qui est commode. Dans la tragédie…On est tranquille »), le chœur veut nous expliquer la simplicité et la nécessité du mécanisme tragique. A l’aide d’images toutes empruntées au domaine de la machine (« Le ressort est bandé. Cela n’a plus qu’à se dérouler tout seul (…) Cela démarre (…) Cela roule (…) C’est minutieux, bien huilé ») (P.53), il nous laisse entendre qu’un rien suffit à son déclenchement. Tous les rouages sont prêts à fonctionner, et rien ne peut les enrayer.

              La «machine infernale» éclatera à l’heure dite. Tout a été décidé d’avance, et le dénouement est irrémédiable. C’est bien là en effet le vrai caractère de la tragédie. Elle est propre, elle est pure, parce qu’elle est fatale.

            (…) Dans la tragédie tout est nécessaire, tout y est réglé par une logique implacable. (…) Dans la tragédie, il n’y a pas de recours, pas de gendarmes, pas de deus ex machina, pas d’espoir, cet espoir qu’Anouilh comme Antigone traque impitoyablement. C’est pourquoi on est «tranquille». La trappe ne peut pas se refermer. On est sûr…que la pièce finira mal.

             Les personnages n’ont plus qu’à découvrir leur vérité, et à l’affirmer par des paroles et des actes qui les entraînent infailliblement à leur perte. Du même coup, ils se définissent et se «déclarent» dans une sorte d’ivresse. Le jeu tragique est «gratuit», dit Anouilh, c’est-à-dire désintéressé : il va au-delà de l’instinct de conservation. De là, l’espèce de délivrance qu’éprouve Antigone quand elle est sûre qu’elle va mourir. Comme le chœur, elle dénonce le «sale espoir» ; comme lui, quand Créon exaspéré appelle ses gardes pour l’entraîner sur le lieu du supplice, elle s’écrie : «Enfin ! »

               Voilà pourquoi le chœur, lors du dénouement, soulignera non la violence de l’histoire ou son horreur, mais le repos qui sera le lot de tous les personnages ; «Tous ceux qui avaient à mourir sont morts.» Et Créon, dont le tour n’est pas encore venu, n’aura qu’un cri de révolte ou de désespoir. «Un grand apaisement triste tombe sur Thèbes» (P.123), et les vagues de l’oubli vont peu à peu tout recouvrir. N’est-ce pas la «tristesse majestueuse» dont Racine faisait un des caractères essentiels de la tragédie ?

                                   (Etienne Frois, Antigone- Profil d’une œuvre, Hatier)

 

 

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